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20 octobre 2006

Arrêt de bus

Chaque matin, à l'aube des paupières lourdes, j'avance péniblement mes pieds vers l'arrêt de bus. pffff, on va attendre le bus plein à craquer, ouéééé ! Mon enthousiasme est grand, je déprime à l'idée de rejoindre la world company ... et saluer la jolie machine à café puis tripoter l'ordi. 

En fait, l'arrêt de bus du matin est peut-être le meilleur moment de la journée ... je croise des voisins, enfin des gens qui doivent habiter quelque part dans un immeuble voisin du mien. Difficile de le dire en fait. Je ne les connais pas et on ne se dit pas bonjour. Parfois un sourire, ou une grimace à un gosse (mais j'évite depuis qu'une maman a engueulé son môme qui m'accompagnait dans cette gymnastique faciale).

Parfois, monsieur Pelouse, mon voisin d'en face, me rejoint de son pied sautillant et aux bras élastiques rythmés par un cartable à mouvement perpétuel. Sourire franc et salut cordial, doit pas être parisien lui. En deux ans de proximité, nous nous sommes parlés qu'à l'arrêt de bus. Voyez comme quoi cet endroit est un endroit social. Et nos conversations sont riches : météo et état de nos pelouses respectives. Un point pour lui, il vient de refaire la sienne ce printemps. Mauvais point, elle tient pas depuis le début de l'automne. Pour ma part, une pelouse a existé le jour où j'ai emmenagé.

Mais je guette surtout mes copines de bus : mesdames Tango et Bijou. Tango, petit carré et jambes galbées arrive Ipod aux oreilles et sac en main. De ses hauts talons, elle ne vit que par cette danse argentine aux élans passionnés. La tonicité des pas de danse se retrouve dans son parlé, caressant le phrasé de ses rêveries dans les bras d'un danseur chevronné et fouettant sèchement le sol de ses râles sur la brusquerie du chauffeur de bus (révélateur de la nature des ébats sexuelles selon elle), des gens impolis et de ses patrons. mme Bijou, réservée et fatiguée de ses insomnies s'accroche à la barre du bus et tente de soulager son dos éreinté par force de travail penché, minutieux d'orfèvrerie. J'allais oublié une ex de nos arrêts : mme Marie. Blonde norvégienne du proche troisième âge, arbore de son regard enjoué un visage rempli de générosité. Je lui passe parfois des Paasilanna (auteur finlandais) sous le manteau loin du regard de ses soeurs du couvent. Et oui, Marie est nonne et ne porte pas l'uniforme ! Elle rit de ses efforts vains de m'entraîner à ses grandes fêtes du recueil dans un dayclub à boule à encensoir, clocher et mâtines. Et dire qu'un jour elle m'a avoué vouloir se marier avec moi !

Merci à eux d'être là, ma journée ne peut mieux commencer avec leur sourire. 

Commentaires

:) t'as plus le choix je balance ton adresse chez moi ;)

Ecrit par : Cécile | 21 octobre 2006

t'as bien fait cécile...

Ecrit par : Ab6 | 26 octobre 2006